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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les AOC du Languedoc-Roussillon

Par Vitiphère – Mardi 22 avril 2014

“Et si un petit point d'étape s'imposait ? Depuis la création de l'AOC Languedoc en 2007, la hiérarchisation des appellations du Languedoc-Roussillon est en marche. Elle cause des remous, se questionne pour ne laisser personne derrière (ni la production, ni la consommation) et poursuit son avancée vers une structure pyramidale. Mais tout n'est pas clair pour tout le monde. Pourquoi parle-t-on toujours de l'AOC Coteaux du Languedoc alors que l'AOC Languedoc existe depuis 2007 ? Pourquoi parle-t-on de socle pour cette appellation ? Comment les étages suivants s'organisent-ils entre les appellations régionales, les appellations de zones, les appellations communales, lesquelles sont assorties, ou non, de dénominations géographiques complémentaires, les crus ou grands crus en devenir (et a-t-on seulement le droit de parler de crus ? De grands crus ?) ? On parle, on parle, mais les démarches sont-elles engagées auprès de l'INAO pour la reconnaissance de ces appellations et dénominations ? Si oui où en sont-elles et quand aboutiront-elles ? «

 

Sommaire

  1. Au commencement était le socle
  2. Le premier étage des appellations de zone, marquées par des spécificités climatiques
  3. Le deuxième étage : les appellations communales et les unités de sol
  4. Un dernier étage à construire : celui des crus du Languedoc-Roussillon
  5. Les questions qui fâchaient et celles qui fâchent encore :

 

1-AU COMMENCEMENT ÉTAIT LE SOCLE

L'appellation Languedoc existe depuis 2007. Elle remplace l'appellation Coteaux du Languedoc, créée en 1960 avec le statut de Vin Délimité de Qualité Supérieure (VDQS) devenue Appellation d'Origine Contrôlée (AOC) en 1985 Dans un régime transitoire, l'utilisation de la mention Coteaux du Languedoc était tolérée jusqu'en 2012, « cette période transitoire a été prolongée jusqu'en 2017 » précise Jean-Philippe Granier.

L'appellation Languedoc a la particularité d'être beaucoup plus vaste que l'ancienne AOC Coteaux du Languedoc, car elle a vocation à être la porte d'entrée qualitative des vins de la région, le socle de leur gamme, qui formerait une pyramide. Elle englobe donc géographiquement les autres appellations et ses règles de production sont généralement au moins aussi permissives, sinon plus.

En 1960, le VDQS languedocien ne comprenait pas les dénominations des Pyrénées-Orientales (Collioure et Côtes du Roussillon), ni les Corbières dans l'Aude (où seules les dénominations de La Clape et de Quatourze ont adhéré au VDQS languedocien, que 66 communes ont rejointe au fil du temps, ainsi que la dénomination Picpoul de Pinet en 1984). « Mais en 2007, 47 ans après, nous avons pu réunir les Catalans, les Cathares et les Occitans dans l'AOC Languedoc », explique Jean-Philippe Granier, directeur technique du syndicat de l'appellation Languedoc.

L'AOC Languedoc s'étend jusqu'au Roussillon ? Oui. Et jusqu'au Gard à l'Est (pour consulter le cahier des charges de l'appellation, cliquez ici, la liste des communes s'étend des pages 3 à 5). Cela ne signifie pas que l'ensemble de la région doit produire de l'AOC Languedoc, mais que tous les producteurs des communes du Languedoc-Roussillon listées dans le cahier des charges peuvent demander le classement de leurs vins en AOC Languedoc dès lors qu'ils appliquent également ses règles de production.

On note en particulier :

le rendement et le rendement butoir (50 et 60 hl/ha pour les rouges, 60 et 70 hl/ha pour les blancs alors que ces rendements maximaux sont le plus souvent plus restreints dans les appellations de zone et communales),

L'entrée en production des jeunes vignes (dès la deuxième année en AOC Languedoc, alors qu'elle est souvent plus tardive ailleurs)

Le degré d'alcool naturel minimal (11,5° pour les blancs comme pour les rouges alors qu'il est le plus souvent supérieur ou égal à 12° dans les autres appellations, surtout en rouge)

Les cépages autorisés et les contraintes d'assemblages, les densités de plantation…

Le cahier des charges téléchargeable sur le site de l'INAO présente les conditions de production de l'AOC Languedoc et rappelle les dénomination géographiques complémentaires existantes et les conditions de production spécifiques en « Languedoc-Grés de Montpellier » (depuis 2002), « Languedoc-Terrasses du Larzac » (depuis 2004), « Languedoc-Pézenas » (depuis 2006), « Languedoc-Sommières » (depuis 2010).

Il reconnaît également de nouvelles dénominations géographiques complémentaires ce qui porte leur nombre à 14 en rouge (Cabrières, La Clape, Grés de Montpellier, La Méjanelle, Montpeyroux, Pézenas, Picpoul de Pinet, Pic-Saint-Loup, Quatourze, Saint-Christol, Saint-Drézéry, Saint-Georges-d’Orques, Saint-Saturnin, Sommières, Terrasses du Larzac) et une en blanc (Picpoul de Pinet). Il fixe leurs conditions de production, le plus souvent plus exigeantes que celle de l'AOC Languedoc, car les rédacteurs du cahier des charges ont anticipé les futures demandes de reconnaissances de ces dénominations en AOC à part entière auprès de l'INAO. L'AOC Picpoul de Pinet a ainsi vu le jour en novembre 2013, la demande de l'AOC Pic-Saint-Loup est en cours de traitement à la commission permanente de l'INAO.

Que manque-t-il pour le passage à l'AOC des dénominations complémentaires dont les règles de production spécifiques sont déjà fixées par le cahier des charges de l'AOC Languedoc ? Il reste les délimitations communale et parcellaire, à faire valider par la commission permanente de l'INAO après avis consultatif favorable et transmission du dossier au niveau national par le comité régional.